L’histoire de Madagascar, de son peuplement et de sa culture tient de sa situation stratégique entre deux immenses continents ainsi que de la fusion de nombreux peuples établis autour de l’Océan Indien, arrivés – sur plusieurs siècles – et par vagues successives : populations d’origine indonésienne, malayo-polynésienne, africaine, enrichies d’immigrants islamisés, en provenance de l’Arabie et de l’Inde.

Toutes les recherches confirment que l’ensemble du peuple malgache est primordialement originaire de l’archipel indonésien. Arrivés probablement sur la côte Ouest de Madagascar en canoë à balancier au début de notre ère, voire … 300 ans avant selon les archéologues.

Ces peuples premiers austronésiens sont à l’origine de la langue malgache (appartenant au groupe des langues malaises) commune à toute l’île, ainsi que pratiquement tout le fonds culturel malgache : les coutumes (exhumation des morts), l’agriculture (la culture du riz irrigué, la courbe des collines sculptées de rizière, la culture de la banane, de la noix de coco et de la canne à sucre), l’architecture traditionnelle (maison végétale à base carrée sur pilotis), la musique (les instruments comme la valiha, cithare sur bambou) et la danse (notamment la « danse des oiseaux »), les pirogues à balancier à voile carrée, ….

Dès la fin du premier millénaire jusqu’au 17ème siècle, la grande île accueillit de nouveaux immigrants africains, orientaux (des Indiens Gujarati, des Malais, des Javanais), moyen-orientaux (des Perses Shirazi, des Arabes Omanites, des Juifs arabisés) qui s’intégrèrent et s’acculturèrent à la société en place.

À l’intérieur des terres, les luttes pour la suprématie des différents clans des hauts plateaux centraux aboutirent à la naissance des ethnies et/ou royaumes Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka, Tsimihety et Bara.

Sur les côtes, l’assimilation des nouveaux immigrés orientaux, moyen-orientaux et africains donnèrent naissance à d’autres ethnies et/ou royaumes Antakarana, Boina, Menabe et Vezo (Côte Ouest), Mahafaly et Antandroy (Sud), Antesaka, Antambahoaka, Antemoro, Antanala, Betsimisaraka (Côte Est).

Cependant, la langue commune, les coutumes, les traditions, … demeurèrent sauvegardés dans leur grande majorité, avec des variations de formes selon les régions.

Alors, qu’il fasse partie de l’ethnie antaifasy, antaimoro, antaisaka, antakarana, antambahoaka, antandroy, antanosy, bara, betsileo, betsimisaraka, bezanozano, mahafaly, merina, sakalava, sihanaka, tanala, tsimihety, vezo, qu’il provienne du Sud-est asiatique ou d’Afrique de l’Est, ou qu’il soit un mélange des deux, un malgache est avant tout un malgache, ni complètement asiatique, ni complètement africain. Certes, ces ethnies ont chacune leurs traditions, rites et mythes, mais il n’existe qu’un seul peuple malgache, le nom des 18 ethnies reflétant plus leur situation géographique, un épisode de leur histoire ou un trait de leur caractère que de critères raciaux.

Prodigieux melting-pot de civilisations aux origines et aux couleurs différentes, l’histoire de Madagascar est tissée d’une histoire de tous ces peuples.

De nos jours, la population de Madagascar est composée de ces diverses ethnies, mais aussi de comoriens, de pakistanais, d’indiens, de chinois, et d’européens.

C’est donc naturellement que nous avons souhaité illustrer nos tablettes en mettant en avant tous ces multiples visages de Madagascar, représentés dans leurs coiffes et habits traditionnels.

Un hommage et une volonté de faire découvrir tout un pays aux cultures multiples qui font la richesse de Madagascar.

Et puis, c’est aussi un clin d’œil à l’histoire que Monsieur Shahin Cassam Chenaï, le créateur de la marque « Menakao », a voulu rappeler symboliquement quatre générations plus tard, les Cassam Chenaï, à leur arrivée au début du 19ème siècle à Madagascar, ont notamment débuté leurs activités commerciales avec la vente de cartes postales.

Ces magnifiques portraits – peints par feu l’artiste A. Ramiandrasoa – représentant diverses ethnies de Madagascar, illustraient des cartes postales.

La jeune fille Bezanozano (chocolat 44% au lait & noisette)

Les “Zanozano” désignent de petites brindilles et, par extension, les coiffures faites de fines tresses (comme illustré sur l’étui de notre chocolat).

Aujourd’hui, la population Bezanozano vit essentiellement sur la côte centre-Est de Madagascar.

Les Bezanozano étaient autrefois organisés en petits clans qui, pour se protéger des diverses menaces et luttes intérieures, installaient leurs villages fortifiés sur les crêtes des montagnes.

Ils détenaient le monopole du transport de marchandise (le portage s’effectuait alors à dos d’hommes) entre la côte est et la capitale de Madagascar.

La jeune fille Hova (chocolat 45% au lait & vanille) ainsi que le jeune Hova au chapeau (chocolat noir 63% au café arabica & éclats de fèves)

Les Merina («Ceux du pays élevé ») occupent la région d’Antananarivo, appelée Imerina.

Ils ont gagné les hautes terres après leur arrivée à Madagascar en provenance d’Indonésie ou de Malaisie. Autrefois, la population Merina était divisée en trois castes distinctes : les “Andriana” (nobles), les “Hova” (hommes libres) et les “Andevo” (esclaves).

Sur le plan des traditions funéraires, les Merina construisaient des tombeaux en pierres sèches, situés le plus souvent sur les hauteurs. Le culte des ancêtres fait toujours partie des croyances traditionnelles, le fameux “Famadihana” (retournement des morts) est une coutume originaire des hautes terres.

La jeune fille Tanala (chocolat noir 63% aux éclats de fèves et fleur de sel) & l’homme barbu Tanala (chocolat noir 80%)

Les Tanala (« Ceux qui vivent dans la forêt ») sont un peuple forestier du Sud-est de Madagascar.

La chasse, la pêche, la collecte de plantes (dont ils font leur coiffe, comme illustré sur les étuis) et de miel sauvage, mais aussi l’abattage du bois, la culture du riz sur “tavy” (terrains déboisés par le feu), et la culture du café sont les principales occupations de cette population de la forêt. Les Tanalas maîtrisent une pharmacopée traditionnelle, certains guérisseurs connaissent les vertus de plusieurs centaines d’espèces de plantes (sans doute, le petit panier autour du cou du personnage de notre 80%).

Contrairement aux autres populations du centre de la grande île, les hauteurs ne sont pas habitées par les classes sociales les plus importantes, mais par les personnes les plus âgées tandis que les jeunes vivent en contre bas.

La jeune fille Betsimisaraka (chocolat noir 63% au combava & baies roses) et le vieux Betsimisaraka (chocolat noir 100%)

Les Betsimisaraka (« Nombreux inséparables ») forment le groupe le plus important de la côte Est de Madagascar.

Cette région est celle des grandes pluies tropicales, de la forêt dense et de la végétation luxuriante.

Le long de cette frange côtière se déploient les « Pangalanes« , des lagunes successives reliées par des canaux. Les nombreux comptoirs commerciaux établis sur la côte est ont conduits les populations locales à développer des cultures d’exportation (vanille, poivre, café, girofle, fruits, …).

L’habitation traditionnelle est construite à partir de matériaux végétaux, dont le « Ravenala » (ou arbre du voyageur) qui est couramment utilisé pour réaliser les parois et recouvrir les toitures.

La jeune fille Mahafaly (chocolat noir 72%)

Les Mahafaly (« Ceux qui font des tabous » ou « Ceux qui font heureux ») sont un peuple de pasteurs du Sud-ouest de Madagascar.

Les Mahafaly sont particulièrement réputés pour les tombeaux qu’ils construisent afin d’honorer leurs chefs et rois. Les tombeaux sont constitués de grandes places en pierre surmontées par des sculptures en bois (nommées « aloalo« , signifiant « le messager » entre les mondes de la vie et des morts) et des tas de cornes de zébu. Les Aloalo sont sculptés de motifs géométriques et surmontés de figures ou de scènes naïves de la vie.

L’art Mahafaly se manifeste également à travers certaines coiffures très caractéristiques (comme illustré sur l’étui).

La jeune fille Antanosy (chocolat noir 63 % aux cannerberges et orange)

Les Antanosy (« Ceux de l’île ») sont un peuple du Sud-est de Madagascar, un sous-groupe des Antandroy.

C’est un peuple de marins et de pêcheurs de la région de Fort Dauphin. Cette oasis de fraîcheur, située à la croisée des montagnes, du désert et de l’Océan Indien, ne cessa d’être fréquentée que par pirates et marins qui marquèrent profondément son histoire.

Les Antanosy sont aussi connus pour être des riziculteurs, des éleveurs, des forgerons et d’habiles charpentiers.

En pays Anosy, de nombreuses pierres levées ont été érigées en mémoire d’un défunt dont certaines peuvent atteindre six mètres de hauteur.

Le jeune homme Antaimoro (chocolat noir 70% aux graines de sésame & noix de coco grillée)

Les Antaimoro (« Ceux des rivages ») seraient les descendants des navigateurs et commerçants arabes venus chercher vivres et marchandises sur la côte centre-Est de Madagascar.

Ce peuple cultivé connut très tôt l’écriture arabe, l’art divinatoire et l’astrologie.

Ils conservent encore des manuscrits du Coran et de grands livres appelés « Sorabe » (qui signifie Grande et Sainte écriture), dans lesquels sont réunies les formules magiques arabes, à vocation médicale, les sortilèges ainsi que les histoires des différents clans Antaimoro.

Le fameux papier « Antaimoro« , de couleur blanche écrue, composé de fibres végétales, continue d’être fabriqué de nos jours. Cependant, il n’a plus qu’une valeur décorative, alors qu’il était essentiel et recherché par les lettrés de l’époque.

Le lutteur Bara (chocolat noir 70% au piment langue d’oiseau)

Les Bara occupent les plateaux inférieurs du Sud de Madagascar.

C’est un groupe de pasteurs semi-nomades dont la vocation est tournée vers l’élevage de zébus. Les Bara vouent un véritable culte à leur cheptel et leurs armes (comme illustré sur l’étui) car les uns comme les autres assurent richesse et subsistance. Ils parcourent les grands espaces du sud à la tête d’immenses troupeaux de zébus, symbole de richesse et de fierté.

Le vol de zébus – toujours d’actualité – fait partie d’une tradition ancestrale, les jeunes Bara doivent, avant de se marier, faire preuve de bravoure en volant un zébu (le voleur de bétail est appelé « dahalo« ).

Aussi, dès leur jeunesse, les hommes s’initient à des rodéos tauromachiques ainsi qu’aux luttes à mains nues (ou « Ringa« ).

Certaines festivités sont accompagnées de danses et de musiques traditionnelles. La danse du « Papango » reste la plus spectaculaire, un homme perché en haut d’un poteau de bois mime alors l’envol d’un oiseau de proie.